Le livre des nostalgies (Menina e moça)

Traduction : Anne Marie Quint et Maryvonne Boudoy
Editeur : Chandeigne
Nombre de pages : 352
Date de parution : 2014
Langue : français
ISBN : 9782367320823
Prix :

22,00

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Description :

Le Livre des nostalgies, — connu au Portugal sous le titre Menina e Moça (Enfant et jeune fille) — est considéré comme un roman fondateur, saisissant par la beauté de son style, son caractère novateur et l’auréole de mystère qui l’entoure. Sans doute écrit autour de 1540, publié avant même d’être achevé, puis complété par une suite déroutante (dans l’édition d’Évora),  il intrigue et fascine ses lecteurs depuis bientôt cinq cents ans.
Une jeune fille solitaire, entreprend de mettre dans un livre « les choses qu’elle a vues et entendues ». La narratrice prévoit que son récit restera inachevé et elle avance comme excuse la tristesse qui l’accable : le ton est donné, le livre sera triste. Il deviendra au fil du temps l’illustration emblématique de la saudade, ce sentiment caractéristique de l’âme portugaise.
Les récits successifs aux registres différents font de cette oeuvre l’amorce d’«un Décaméron sentimental ». Le Livre des nostalgies réunit des univers tels que les «chansons d’ami» médiévales, le roman chevaleresque (féminin) et le roman sentimental.
Le choix d’une narratrice féminine lui donne par ailleurs une grande liberté pour adopter ce ton qui lui est propre, et qui a su charmer des générations de lecteurs. La contemplation rêveuse de la nature, la compassion devant toute souffrance, l’éveil du sentiment amoureux ou l’abandon à la passion, la conviction que le malheur est le lot de la destinée humaine, sont décrits avec une justesse et une délicatesse qui font de Bernardim Ribeiro un lointain précurseur des romantiques. La richesse de l’oeuvre ne se limite pas là. On remarquera que la puissance d’émotion qu’elle diffuse n’empêche pas une critique subtile des valeurs chevaleresques, un rappel discret de la réalité de la vie pastorale, moins riante que ne l’idéalise une fiction aristocratique, une dénonciation plus ou moins voilée de l’hypocrisie sociale.
Comme il y a cinq cents ans, le lecteur d’aujourd’hui devrait être séduit, voire envoûté par ce texte hors normes, encore marqué par le Moyen Âge et déjà ancré dans la Renaissance, qui se prête à diverses interprétations et renferme encore bien des mystères. La poésie en demeure intacte, tout comme la fascination qu’elle exerce.
Une première version de ce texte a été proposée au public français en 2003 sous le titre de Souvenir d’une jeune fille triste. Cette édition ne proposait que la partie considérée unanimement comme authentique, en laissant de côté près de la moitié du livre — la suite d’Évora — qui figurait dans les rééditions successives au Portugal jusqu’au XXe siècle.

Dans notre édition, nous proposons au public français une nouvelle traduction et la version complète.


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