L’heure de Clarice Lispector

Auteur :
Editeur : Des Femmes
Nombre de pages : 172
Date de parution : 1989
Langue : français
Prix :

13,75

Description :

" Lire Clarice comme elle nous lit le monde, sa légende, comme elle (nous) écrit. A la lumière du fruit. Pomme le sien. Orange le mien. Et le tien ? Quelle couleur ? Quelle douloureuse joie ?
1979, 1989, deux textes, deux mains, l'heure est la même : c'est la dernière, l'heure de l'étoile, pomme d'en haut.
Ceci est méditation sur la dernière heure. L'heure merveilleuse et impensable, l'heure vers laquelle nous allons comme vers la vérité. Ma vérité, notre vérité, cette étrangère, cette étrangeté dont le visage nous est promis à voir, à la fin.
Et entrretemps, toujours cette urgence : faire résonner dans notre siècle l'écho de cette Voix venue des origines.
Clarice Lispector, on a peine mais aussi joie, à croire qu'elle ait pu exister, tout près de nous, hier, si loin en avant de nous. Après la compréhension, pas à pas, elle s'avance en tremblant dans l'incompréhensible épaisseur frémissante du monde, l'oreille finissime, tendue pour recueillir jusqu'au bruit des étoiles, jusqu'au minime frôlement des atomes, jusqu'au silence entre deux battements de cœur. Veilleuse du monde. Elle ne sait rien. Elle n'a pas lu les philosophes. Et cependant on jurerait parfois les entendre murmurer dans ses forêts. Elle découvre tout.
Regard acharné, voix qui peine, écriture qui travaille à désenfouir, déterrer, désoublier quoi ? Le vivant, les inépuisables mystères de notre " habitation ", sur terre. Et comme il y en a ! Des règnes, et des espèces, et des êtres. Tout ce qui existe est à sauver, à tirer de l'oubli qui nous tient lieu d'existence quotidienne. Et voici que par cette œuvre tout revient, tout nous est rendu, également, depuis le plus splendide jusqu'au plus banal, tout également : tout ce qui a droit à être nommé, puisque c'est. Chaise, étoile, rose, tortue, œuf, petit garçon... maternellement elle se soucie de toutes les espèces d'" enfants ".
Comme toutes les plus grandes œuvres, celle-ci est apprentissage. L'œuvre nous remet à l'école du monde. L'œuvre elle-même l'école et l'écolière. Car qui écrit ne sait pas. Ce qui n'empêche pas l'écriture de faire, sans le savoir, la vérité, en tâtonnant dans le noir, à la lumière d'une pomme." H.C.


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