Inquisition, juifs et nouveaux-chrétiens au Brésil

Auteur :
Editeur : Université Catholique de Louvain
Nombre de pages : 440
Date de parution : 2003
Langue : français
ISBN : 9789058672636
Prix :

48,00

Description :

Il faut d’abord souligner le cadrage plus précis du sous-titre : Le Nordeste, XVIIe et XVIIIe siècles. L’originalité de la recherche consiste, malgré la difficulté de la tâche qui a jusqu’ici effrayé les chercheurs en manque d’« archives » sur ce point, à tenter de reconstituer les pratiques religieuses des marranes, autrement dit de saisir leur condition au cœur même de ce qui la définit, au moins aux yeux de l’Inquisition. Or cette perspective, qui explique un long préalable sur l’encadrement religieux, selon l’auteur passablement désorganisé, et la présence inquisitoriale dans les capitaineries concernées, est aussi le meilleur moyen de faire ressortir la diversité des situations, les discontinuités comme les interactions, les syncrétismes, les contradictions en action. Apparaît dès lors la trajectoire d’un groupe qu’il est intéressant de mettre en parallèle avec celle des esclaves africains. Dans des statuts soit de liberté soit de soumission, dans des degrés d’homogénéités communautaires variables, avec une apparence qui leur permet ou non de se fondre dans la masse, les uns et les autres ont dû, s’ils voulaient entretenir le lien culturel ancestral, inventer des subterfuges, pratiquer dans la clandestinité, vivre leur foi cachés. Du côté des nouveaux-chrétiens, la problématique est pourtant fort différente, pour plusieurs raisons, dont l’une tient au possible choix de l’intégration, de la fusion, et une autre à l’occupation hollandaise, qui a favorisé la fondation d’une communauté juive officielle au Pernambouc. À cette orthodoxie prosélyte répondit l’acharnement de l’Inquisition qui fit encore arrêter dans la région, cent ans plus tard, une cinquantaine de personnes dont certaines furent menées jusqu’à l’autodafé et la mort. On le voit, en dépit de son caractère très pointu et érudit, l’ouvrage aborde des questions passionnantes, sur l’identité, les traces culturelles, les stratégies de survie (où « les motifs affectifs, familiaux ou pratiques étaient aussi importants dans le choix de la religion et de sa pratique »), sur les sédimentations historiques découlant de colonisations foncièrement opposées. (Info Brésil, n° 200, mars 2004)


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