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Les baleines de Quissico

Les baleines de Quissico, par Mia Couto
Auteur : Mia Couto
Traduction : Maryvonne Mapouge-Pettorelli
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 248
Date de parution : 1996
Langue : Français
Prix : 18,80 €
ISBN : 9782226084827
Disponibilité : En stock En stock

Prodigieux conteur, artisan d’une langue portugaise subvertie, métissée de parlers populaires, « mozambicanée », Mia Couto, l’auteur très remarqué de Tombe, tombe au fond de l’eau (Chandeigne, 2003) plonge ici encore dans les abysses d'une mémoire collective sans cesse réinventée.
Regroupant des nouvelles empruntées à trois recueils rédigés entre 1987 et 1991, (Vozes anoitecidas, Cada homem é uma raça, Cronicando), Les Baleines de Quissico transporte le lecteur dans un espace de légende, en des temps originels où bêtes et hommes communiquaient encore entre eux, où la mort, farceuse, côtoyait la vie, où chaque être humain était à la fois soi-même et l’autre, où d'inquiétantes puissances magiques peuplaient le monde. Pourtant, il s'agit d'un pays bien réel, le Mozambique – terre violente, soumise à la sécheresse et à la famine, quand ce n'est pas à la guerre, et habitée par un peuple magnifique et douloureux.
Même quand elle s’inspire plus directement du quotidien, la prose poétique de Mia Couto glisse insensiblement vers l’improbable, la fiction et l'allégorie prenant toujours le pas sur la réalité des faits. D’où le caractère envoûtant de ces récits imprégnés d’imaginaire africain qui allient satire, émotion, épique et merveilleux, et rejoignent la tradition des grands prosateurs brésiliens tel João Guimarães Rosa.

«Chaque homme est une île, chaque homme est une race». En fait «toute personne est à elle seule une humanité» affirme Mia Couto. Et ce blanc de pierre (expression qualifiant un blanc d'origine portugaise) s'y connaît en humanité et en inhumanité. Son pays, le Mozambique, dans lequel il naquit en 1955, mosaïque d'ethnies, d'émigrés, de réfugiés, devint un des principaux champs de massacre de la guerre froide. De la colonisation portugaise (il lutta pour l'indépendance), il reste la langue nationale. Une langue minoritaire qui surnage au milieu de quarante idiomes. Une langue que beaucoup au Mozambique accusent de mal retranscrire les émotions, les pensées, les imaginaires de ce pays. Pour écrire, Mia Couto, biologiste de formation, utilise le mozambicané, métabolise le parler de Pessoa, y intégrant néologismes, jeux de mots, carambolages d'expression, argots, pidgins, formulations poétiques, ce qui donne des expressions traduisibles par "énivrillante, tristéperdu, troublébété..."

Source: http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=21035